Thierry de Montbrial – A 4-a scrisoare

Am primit o noua scrisoare din partea lui Thierry de Montbrial, pe care vi-o impărtăsesc (din păcate nu am reusit incă să o traduc):

Chers amis,

Les Européens s’apprêtent à prendre leurs vacances à un moment où la pandémie de Covid-19 semble s’éloigner d’eux, malgré les clusters qui apparaissent ici ou là. Pour autant, nous ne sommes pas à l’abri d’une prochaine vague. Après tant de discours imprudents, plus personne n’ose d’ailleurs émettre des prévisions trop précises. En tous cas, toute accalmie confirmée se prête à des réflexions plus larges tant sur les conséquences de la catastrophe que sur les dysfonctionnements qui l’ont permise.

D’une façon générale, la plupart des commentateurs s’accordent pour dire que, dans tous les domaines, la crise a agi comme un catalyseur, voire comme un révélateur de tendances préexistantes. Ainsi, dans l’économie, certaines entreprises déjà menacées comme dans la grande distribution vont-elles disparaître plus rapidement. Partout, les chaines de production seront à la fois raccourcies et diversifiées pour réduire les risques, politiques ou autres, de ruptures d’approvisionnement. Beaucoup d’activités seront relocalisées. Dans le même ordre d’idées, les échanges se feront moins à flux tendus. On peut également prévoir, au-delà des précautions sanitaires, un ralentissement du trafic aérien international ou même national au profit des échanges par visioconférences que d’innombrables entreprises ont appris à pratiquer à l’occasion du confinement. D’un autre point de vue, on doit s’attendre au renforcement de la politisation de l’économie internationale, c’est-à-dire à une accentuation de la corrélation entre géopolitique, géostratégie et géo-économie. Le tout formant une sorte de « géo » à la puissance trois. Les Etats s’attacheront de plus en plus ouvertement à protéger celles de leurs entreprises qu’ils considéreront comme « stratégiques », ou tout au moins des points jugés critiques de leurs activités. Le droit à la concurrence s’en trouvera bouleversé. Je pense par exemple à la probable course pour les subventions entre Boeing et Airbus, avec en arrière-plan la montée d’un avionneur chinois. Les investissements directs et les mouvements de population seront de plus en plus contrôlés.

Ces quelques remarques ne prétendent évidemment pas à l’exhaustivité. Elles ne font qu’illustrer un retour partiel vers la forme prémoderne de l’économie internationale, selon laquelle on échange essentiellement les biens, alors que les facteurs de production (le capital et le travail dans la typologie classique) sont peu mobiles. Ainsi l’OMC est-elle l’Organisation Mondiale du Commerce, et non pas des échanges économiques en général. Toutes ces transformations se traduiront dans bien des pays par une augmentation du chômage de transition plus rapide que ce à quoi on pouvait s’attendre avant la pandémie.

Certes, l’ouverture sans précédent des vannes de la monnaie partout dans le monde, a permis d’éviter le pire c’est-à-dire les faillites en chaine d’entreprises structurellement viables et à la limite le cauchemar de l’effondrement comme un château de cartes de toute l’économie mondiale. Un peu comme ce qu’a vécu la Russie dans les années 1990, mais à l’échelle planétaire. On n’ose penser à ce qui s’en serait suivi. Une fois de plus, la communauté des Banques centrales a remarquablement réagi. Mais les meilleures actions ont leur face négative : en l’occurrence, l’explosion des dettes publiques. Ce qui est véritablement inédit dans cette affaire est la simultanéité du phénomène partout dans le monde, mais aussi et peut-être surtout le fait que cela se soit produit après une période de stabilité des prix d’une durée exceptionnelle. Cette stabilité me semble due à l’accroissement de la pression concurrentielle, notamment sur les salaires dans les pays développés en conséquence de l’ouverture de l’immense réservoir de main d’œuvre des pays émergents. Avec une démondialisation même partielle, la vraie inflation ou la stagflation, celle dont les Européens au moins de l’Ouest ont oublié les conséquences néfastes, pourrait revenir dans les pays occidentaux. En même temps, dans le reste du monde privé en partie de ses débouchés, les difficultés sociales augmenteraient également. Rien n’est plus facile que de construire sur le papier un modèle mathématique produisant l’illusion de la viabilité d’une dette perpétuelle et mes amis macroéconomistes ne s’en privent pas. Encore faut-il ne pas avoir la naïveté d’y croire. La conclusion est qu’il faudra un surcroît de coopération économie internationale innovante.

Cette remarque me conduit à revenir sur la question de la gouvernance mondiale. Celle-ci était déjà mise à mal bien avant la pandémie, en raison d’une perte de confiance généralisée exacerbée par le laisser-aller dans le comportement de nombre de dirigeants politiques. A commencer par le chef de l’Etat le plus puissant du monde, dont on attendrait au contraire qu’il donne l’exemple. Sans doute le recours systématique à l’insulte ou à la désignation de boucs émissaires fait-il partie de l’arsenal des leaders populistes. Il est également vrai que l’émergence des réseaux sociaux a banalisé les invectives, les fake news et le retour à la loi de la jungle, où le bon sauvage cher à Rousseau n’a guère sa place. Mais si le champ international devenait une foire d’empoigne où l’émotion écraserait la raison, alors qu’objectivement la coopération internationale paraît plus nécessaire que jamais, le risque d’une sorte de troisième conflit mondial deviendrait sérieux.

La pandémie a indirectement donné un coup d’accélérateur à la dégradation des relations sino-américaines et à l’affaiblissement du multilatéralisme, alors qu’elle aurait dû conduire les principaux Etats de la planète à affronter leurs responsabilités conjointes. Le surgissement d’un phénomène susceptible de provoquer une pandémie illustre parfaitement la notion d’effet papillon, lorsqu’une cause minuscule provoque des conséquences immenses. La détection précoce d’un tel phénomène, la collecte et l’interprétation des données correspondantes, l’accès à ces données et leur partage, l’organisation nationale et internationale de la prévention face à ces types de risques (sanitaires en l’occurrence, mais aussi financiers ou autres), la répartition des responsabilités qui en découlent, la détermination de qui finance quoi et de qui a un droit au regard sur quoi : telles sont quelques-unes des questions inévitables face à un monde de plus en plus interdépendant et complexe, dans lequel par conséquent les effets papillon sont voués à proliférer. Il est facile d’accuser la Chine et l’on a effectivement de bonnes raisons de s’interroger à son sujet, ou encore de fustiger l’OMS. Cette dernière a les défauts de bien des organisations internationales dont la parole confine à la langue de bois dès qu’on s’écarte des balises. L’OMS a une action normative, mais elle n’exerce aucun pouvoir direct sur ses pays membres (en particulier, aucun droit d’accès direct à ses données) et ne dispose d’aucune structure préventive lui permettant d’agir en cas d’urgence. Son directeur général n’a pas plus de troupes que le Secrétaire général de l’ONU. Les organisations sont indispensables pour donner consistance à la coopération internationale. Encore faut-il que leurs missions soient définies sans ambiguïtés et qu’elles jouissent de délégations de pouvoir adaptées à l’exercice de ces missions. A cet égard, l’institution la plus exemplaire est le FMI. Mais force est de constater qu’actuellement les principales puissances de la planète manifestent la conception la plus étroite de la souveraineté. C’est de mauvais augure face à la multiplication des risques qui se profilent à l’horizon.

 

Malgré tout, je souhaite terminer sur une note optimiste. Plongé depuis longtemps dans la vie internationale, je suis moins frappé par l’ampleur des drames de l’histoire que par leur limitation. Puisque l’actualité favorise les métaphores médicales, je dirai que malgré les apparences le système immunitaire de la société internationale ne fonctionne pas si mal. Globalement, au cours des trois derniers mois, après un démarrage inquiétant, la qualité de la réponse européenne m’a paru au-dessus de toutes les espérances. Et dans l’affrontement entre les Etats-Unis et la Chine, je suis prêt à parier que les forces de la raison l’emporteront sur les pulsions. Le plus difficile, pour ces deux puissances, sera d’admettre l’absolue nécessité, dans les prochaines décennies, d’un minimum de partage de la souveraineté, sans lequel le multilatéralisme sera de plus en plus lettre morte. C’est alors que les grandes guerres redeviendraient possibles.

Il me reste à vous souhaiter le meilleur été possible et à vous donner rendez-vous fin août pour ma prochaine lettre.

Thierry de Montbrial

https://thierrydemontbrial.com/

 

Din nou despre Dughin si prietenii lui din Romania

Scriam, cu un alt prilej, că există diversi idioti in spatiul public care incearcă să construiască anumite legende in legătură cu ce inseamnă patriotismul. Unii dintre ei consideră, spre exemplu, că a fi patriot inseamnă să fii exclusiv pro-american (eventual pro-„licurici”). Eu am preferat să fiu pro-român (poate nu am reusit intotdeauna) si, se pare, că am plătit pentru asta.

In ceea ce priveste relatia cu Rusia, consider că, după ce am intrat in NATO, prin efortul guvernului pe care l-am condus, această relatie trebuie să presupună un dialog civilizat, bazat pe vecinătatea noastră geografică si pe interesele românesti.

Si pentru că a fost mentionat, din nou, Dughin,  (pe bază de hackeri), iată, din nou,  notele transmise de directoarea executivă a Fundatiei Titulescu, care a participat la  intâlnirea de acum sapte ani:

„Întâlnirea cu Aleksandr Dughin – 16 septembrie 2013, Fundația Europeană Titulescu

 –     organizată la solicitarea lui Dughin;

–       postarea de pe blog, de la momentul respectiv, este corectă: ”Pasionat de Lucian Blaga şi prieten cu Jean Parvulesco, el mi-a mărturisit admiraţia sa pentru cultura românească şi mi-a împărtăşit câteva dintre ideile care, în viziunea sa, constituie punţi de legătură cu spaţiul eurasiatic, cea mai importantă dintre acestea fiind filonul ortodox profund al identităţii şi spiritualităţii româneşti. Desigur, discuţia a fost mult mai amplă, fiind abordate atât evoluţiile actuale în plan internaţional, cât şi posibile scenarii legate de viitoarea configuraţie geo-strategică a lumii.”

–       a fost o conversație mai mult filosofică despre situația internațională, în care Dughin și-a expus viziunea (și preferințele) privind echilibrul puterilor globale;

–       ați subliniat că România se află într-o situație particulară –identitatea creștin-ortodoxă nu constituie un criteriu pentru o aliniere automată la Mișcarea Eurasia; mai mult, prin istorie și tradiții, legăturile cu spațiul european sunt mult mai profunde decât cele cu spațiul slav;

–       nu a fost o discuție punctuală privind strategii/planuri concrete de acțiune și au existat divergențe de opinie în anumite chestiuni – cum ați scris și pe blog, lucrurile sunt privite diferit de la București și de la Moscova, ”depinde în care parte a lumii te afli”.

 

O discutie civilizată nu inseamnă prietenie. Inseamnă doar intelepciunea de a mentine un dialog de bună-vecinătate. Un idiot nu poate pricepe insă lucrul ăsta.

 

 

 

După aniversare

A fost o săptămană in care am vorbit sau corespondat cu multi prieteni sau  cunoscuti   (uneori cu necunoscuti)  la telefon sau on-line. Despre aniversarea mea de 70 de ani. Am primit multe mesaje de felicitare si de la oameni politici din tară sau din străinătate. Cel mai spectaculos  a fost, fără indoială, cel primit de la premierul Ungariei, Viktor Orban.

As fi dorit să organizez o petrecere cu mai multă lume dar nu au fost conditiile necesare. Asa incat am organizat un mic eveniment in familie.

Vreau insă, cu toată prietenia,  să vă multumesc tuturor celor care, pe blog, pe facebook, pe email, pe telefonul mobil, mi-ati trimis mesaje de felicitare.

Site-ul FET, Tableta de istorie – „Notele lui Rumsfeld”

La 27 noiembrie 2001, la numai două luni de la atacurile din 11 septembrie, Secretarul american al apărării de la acea vreme, Donald Rumsfeld, a folosit aceste note pentru a-l informa pe generalul Tommy Franks, comandantul armatei SUA, în legătură cu planul de a invada Irakul. Documentul a fost pregătit împreună cu Paul Wolfowitz și Douglas Faith (adjuncții lui Rumsfeld pentru politici) și el conține pașii care, în viziunea oficialilor Departamentului Apărării, ar fi urmat să conducă la prăbușirea guvernului irakian. Textul arată că Rumsfeld dorea ca Franks să fie gata să inițieze o acțiune militară înainte ca trupe suplimentare americane să fie desfășurate în regiune. Secțiunea privind ”ideile radicale” a fost editată și nu este publică. Mențiunile scrise de mână (și care, în textul editat mai jos, apar cu caractere italice) îi aparțin lui Donald Rumsfeld.

 

”NESECRET

27 noiembrie 2001

  • Insistența pe armele de distrugere în masă (WMD).
  • Divizări (construirea dinamicii pentru schimbarea regimului): posibil să nu trebuiască să mergem până la capăt
    • locațiile WMD
    • capturarea sau distrugerea locațiilor cu rachete de atac (fabrici, sisteme)
    • capturarea sau distrugerea Gărzilor Republicane
    • câmpurile petrolifere din sud
    • câmpurile petrolifere din nord
    • ocuparea deșertului vestic:

– securizarea graniței cu Iordania,

– împiedicarea atacurilor cu rachete SCUD (împotriva Israelului)

  • desfășurarea de forțe terestre în deșertul din vest sau la sud de Bagdad

– amenințarea Bagdadului

– forțarea Gărzilor Republicane să plece și prezentarea țintelor (*)

  • izolarea Bagdadului

– împiedicarea deplasării echipamentelor WMD

– presiune asupra regimului

  • protecția guvernului provizoriu, la nord sau sud
  • schimbarea regimului

* ce tip de ordine să se creeze astfel încât prăbușirea să pară probabilă?

* ce fac forțele care vin din Afganistan?

  • Cum să înceapă?
  • mișcările lui Saddam împotriva kurzilor în nord?
  • SUA descoperă legătura lui Saddam cu atacurile de la 11 septembrie sau cu cele cu antrax?
  • disputa privind inspecțiile referitoare la WMD?

– să începem să gândim obiectivele inspecțiilor

  • Surpriză, viteză, șoc și risc – întărirea comunicațiilor, etc. Oamenii îl urăsc – mulți vor să-l înlăture
  • NU reduceți acum aria prezenței militare – Întăriți-o.
  • fiți gata să atacați dintr-o poziție stabilă.

Începeți acțiunea militară înainte de a muta forțele Gărzilor Republicane, ceea ce ar fi necesar, în cel mai rău caz. Forțe și mai puternice vin din urmă.

  • Decapitarea guvernului.
    • procedați cu grijă.
    • tăiați și comunicațiile – inclusiv televiziunea și radioul
    • abandonați orice ordin executiv pentru … [editat]
    • luați în calcul idei radicale
    • protejați opțiunile pentru o acțiune unilaterală

– fără o opțiune saudită

– fără o opțiune turcă

– SUA ar putea beneficia de cooperare doar din partea a 2 sau 3 țări din regiunea Golfului

  • coaliția – pe cine vrem în ea?
  • politica de declarații:

– inspecții

– și dacă Saddam folosește arme chimice sau arme biologice sau lansează rachete împotriva țărilor vecine?

– avertismente către regim

– avertismente către anumite persoane privind programul Irakului de WMD

– amnistie a forțelor care defectează?

  • guvernul provizoriu

– punerea sub acuzare a lui Saddam și a locotenenților săi de top pentru crime de război

– imediat ce părți din teritoriul de nord sau de sud sunt eliberate, recunoașterea lor (fără un stat kurd separat)

– un loc la ONU

– punerea la dispoziția guvernului provizoriu a asset-urilor înghețate

– acordarea controlului asupra vânzării de petrol din câmpurile eliberate

  • spre deosebire de Afganistan, este important să venim cu idei dinainte în privința a cine va conduce ulterior
  • planificarea

– confidențialitate

– de câți oameni este nevoie?

– pot vorbi cu șefii de arme și să-ți punem la dispoziție oameni care vor fi realocați.

unde să planificăm? aici sau la Washington?

– ei pot lucra la Washington sau în Tampa

– un draft de concept, nu un plan la nivel de execuție

– termen

  • chestiunea structurii de comandă

– Centcom și Eucom

  • campania de influență – când începe?
  • următorii pași.”

 

Sursa: https://nsarchive2.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB418/

Documentul poate fi consultat aici: https://nsarchive2.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB418/docs/3%20-%20Rumsfeld-Franks%20talking%20points%2011-27-01.pdf